Catégorie : Boussole

BOUSSOLE #6 – 3 conseils pour bien réussir votre rentrée

3 conseils pour bien réussir votre rentrée

Par Agathe Cagé (@AgatheCage)COMPASS LABEL

La trêve estivale est terminée, c’est un fait. Vous avez remisé les tongs et la chemise hawaiienne au placard. Vous avez recommencé les conversations autour de la machine à café. Vous attendez peut-être avec impatience la sortie des premiers téléphones pliables. Mais vous ressentez indistinctement un blues de fin de vacances. Ne lui laissez pas place grâce à nos trois conseils pour une rentrée réussie.

Réussir sa rentrée, c’est tout d’abord ne pas laisser le stress s’installer. Un défi de taille en France où le culte de la performance se nourrit en partie d’une forme de survalorisation du stress (un collaborateur qui ne semble pas être sous pression ne serait-il pas au fond qu’un je-m’en-foutiste ?). Ne vous faites pas une nouvelle fois piéger par cette fausse tyrannie de la mise sous contrainte. Si vous vous savez sujet au stress, commencez par en identifier les causes (sensation d’un manque de maîtrise dans votre travail, besoin de plus d’empathie de la part de vos collègues et de vos managers…) pour remédier à chacune d’elles. Attachez-vous également à mettre à distance la sensation de pression ; tentez pour cela, pour reprendre les mots du psychiatre Michel Lejoyeux, de « faire taire la voix de la culpabilité ». Prendre conscience du fait que ce sont, comme le souligne son collègue Patrick Légeron, « nos pensées qui produisent le stress », représentera une première étape importante.

Réussir sa rentrée, c’est ensuite mieux apprendre à déléguer. Les objectifs que vous vous êtes fixés pour la fin de l’année sont sans nul doute particulièrement ambitieux. Vous ne les atteindrez pas seul, et vous ne les atteindrez pas sans augmenter votre degré de confiance dans vos collaborateurs (n’oubliez pas que le déficit de confiance des Français, ainsi que l’ont montré Pierre Cahuc et Yann Algan, entrave leurs capacités de coopération). Préférez pour cela la disponibilité à la surveillance: des échanges bienveillants et réguliers avec vos équipes les rendront bien plus efficaces qu’un contrôle nourri de méfiance permanent.

Profitez enfin de cette rentrée pour prendre pleinement conscience du sens de votre travail. Si ce dernier vous paraît manquer d’impact concret sur la société, peut-être en a-t-il un très direct et positif pour vos collègues. Si la cible que vous souhaitez atteindre vous semble si éloignée qu’elle devient pour vous source de démotivation, alors tentez de vous remotiver en optant pour la politique des petits pas. Ainsi que le soulignent les auteures de No Hard Feelings: The Secret Power of Embracing Emotions at Work (Hardcover, 2019), diviser un objectif en micro-étapes permet d’éprouver un sentiment d’accomplissement à la fin de chaque journée.

Bonne rentrée !

 

 

BOUSSOLE #5 – Osons le mode « ne pas déranger »

En mode « ne pas déranger », augmentons notre créativité

Par COMPASS LABEL (@compasslabel)

Il y a quelques mois, Apple a ajouté à l’une de ses mises à jour de l’IOS une nouvelle fonctionnalité, le « temps d’écran ». Il suffit d’aller dans les réglages de son appareil pour y avoir accès. On y trouve une multitude d’informations, de chiffres et d’infographies : temps journalier ou hebdomadaire passé sur son téléphone, progression, moyennes, répartition par type d’application (jeux, réseaux sociaux, lecture, information…) et par application, nombre d’activations, nombre de notifications… Il est même possible de définir des temps d’arrêt, de se fixer des limites d’utilisation en fonction des applications que l’on estime trop chronophages, ou de définir au contraire des autorisations systématiques.

Cette fonctionnalité est révélatrice de la préoccupation croissante des consommateurs concernant leurs usages du téléphone et des technologies digitales de manière générale. L’inquiétude des parents liée au temps d’exposition aux écrans de leurs enfants et aux troubles éventuels (de la concentration, de la sociabilité…) que cette exposition peut provoquer incite d’autant plus les grands acteurs du numérique à proposer des réponses permettant à chacun d’effectuer une sorte d’autosensibilisation pour prévenir ou lutter contre les dérives de l’addiction aux écrans.

Au-delà de la sphère privée, le phénomène s’observe également dans le monde du travail. Bon nombre de managers et de dirigeants d’entreprise tentent de limiter l’usage du téléphone dans leur organisation, considérant que qu’il serait un facteur systématique de perturbation des réunions aussi bien que de dispersion et de déconcentration, et serait donc néfaste à la performance et à la productivité des collaborateurs et donc de l’entreprise.

Certes, il est indéniable que l’abus d’utilisation des outils numériques et des smartphones en particulier peut être nocif passé une certaine limite. Mais n’a-t-on pas tort de diaboliser un outil qui s’est rendu indispensable, y compris au travail ?

Avez-vous déjà remarqué, dans une situation où vous vous êtes retrouvé privé de votre smartphone (une réunion qui s’est éternisée et durant laquelle vous n’aviez plus de batterie, une conférence complexe de début d’après-midi où son usage était interdit…), à quel point il est difficile de rester concentré ou même de lutter contre le sommeil, sans avoir le loisir de jeter, l’espace de quelques secondes, un coup d’œil à ses notifications, à un réseau social ou même tout simplement à l’heure ? De la même manière qu’un bâillement est un réflexe qui permet de réactiver notre vigilance ou au contraire de nous détendre, le smartphone nous maintient réveillé, en alerte, tout autant qu’il détourne un instant notre attention. Les effets neurologiques des notifications de notre téléphone nous stimulent. Notre rythme cardiaque, notre respiration, sont modulés par leur apparition.

Parce que les salariés sont mis toujours davantage sous pression et font l’objet d’une demande de réactivité et de productivité croissante, dans un monde du travail en accélération constante, où prévalent la tyrannie des délais et la course aux chiffres, la fatigue croissante au travail demande des temps de respiration.

Le smartphone permet également, au-delà de la stimulation de nos neurones, une évasion temporaire qui peut réveiller la créativité. Il convient bien entendu de toujours faire preuve d’un minimum de raison, car s’abrutir sur des applications de jeux pendant des heures n’apporte rien d’autre qu’une réponse temporaire à une fatigue ou un stress permettant de focaliser notre attention sur autre chose, d’échapper à nos difficultés, et n’aide en rien à la productivité ou à l’inventivité. Mais consulter les réseaux sociaux, lire un article, regarder une vidéo, écouter un morceau de musique en streaming, constitue pendant quelques minutes une fenêtre d’évasion qui peut stimuler l’imagination et donner des idées nouvelles.

Il est prouvé que les exigences de performance trop élevées nuisent fortement à la créativité. Or, la créativité est ce qui fait notre valeur dans le monde du travail, nous différencie, à compétences égales, de nos collègues, donne du sens à nos actions, à notre rôle. Forcer sa concentration pendant des heures sur un dossier ou un sujet, assis à son poste de travail ou en réunion, accumuler les heures supplémentaires, faire du présentéisme, cocher des multitudes de cases dans des to do listes interminables, remplir des agendas partagés déjà surchargés : où se situent les espaces de créativité dans tout cela ? Les idées nouvelles ne surgissent pas forcément dans ces heures dites productives assommantes, mais au contraire au cours de ces instants où l’on permet à notre cerveau de respirer. Les idées arrivent souvent aux moments les plus inattendus et dans les lieux qui pourraient sembler les moins propices, beaucoup plus facilement qu’en réunion de brainstorming par exemple, où elles ne passent en général pas le crash test de l’opinion des autres, nourrie par un fond de pessimisme, de rationalité couperet ou de concurrence malveillante.

Il n’y a jamais eu autant de créativité, d’idées, de bonnes idées et d’informations qu’aujourd’hui, dont chacun peut s’inspirer, partout dans le monde, et internet et les réseaux sociaux en regorgent à foison. Peu importe finalement que l’image ou le reflet d’un post Facebook ou Instagram que l’on prend quelques secondes ou quelques minutes à consulter, qui nous fait rêver, nous stimule ou nous fait rire, soit authentique ou fabriqué, tant qu’il provoque en nous une réaction, un avis, une inspiration ou simplement nous offre un moment de détente. Encore faut-il que l’on ne soit pas constamment parasité par les notifications d’une boucle Whatsapp, d’un message Slack, d’un mail soit disant « TTU », venant briser le fil de notre réflexion. Au-delà d’une utilisation moindre et plus raisonnée de nos smartphones au travail, peut être faudrait-il s’autoriser, quelques minutes par jour, à activer le mode « ne pas déranger » sans culpabiliser.

 

BOUSSOLE #4 – Cherchez l’erreur, vous trouverez le succès

Cherchez l’erreur, vous trouverez le succès

Par COMPASS LABEL (@compasslabel)

L’imperfection est une valeur sous-estimée, affirmions-nous dans notre Boussole #2, évoquant le besoin d’y prendre goût pour améliorer la créativité, la productivité, et augmenter la confiance des managers envers leurs collaborateurs et vice-versa. Élargissons cette réflexion aux champs de l’erreur et de l’échec, souvent conspués dans la culture française.

L’erreur et l’échec sont tout autant dévalorisés que sont louées, a contrario, la réussite et son corolaire l’ambition. Ambition que certains ne manquent cependant pas d’associer régulièrement à de l’opportunisme au mauvais sens du terme. Faut-il se méfier de l’ambition ? Toute réussite dans un monde professionnel de plus en plus complexe suppose une ambition même modeste, pour parvenir à ses fins, trouver une forme d’équilibre, si ce n’est d’épanouissement. Mais l’ambition peut être néfaste si elle s’inscrit exclusivement dans un rapport de rivalité.

Pourquoi tendons-nous en France à systématiquement opposer ambition et erreur ? Bien sûr, l’échec ou l’erreur peuvent constituer des grains de sel venant se glisser dans les rouages de l’ambition. Pourtant, en se retournant sur son propre parcours, il est fort probable que chacun retrouve le souvenir enfoui d’une erreur, d’un échec qui a conduit à un ré-aiguillage, une réorientation, ou à un dénouement positif, témoignant de notre capacité à nous adapter à une situation inconfortable, hostile ou inattendue. Car c’est d’abord hors de sa zone de confort que chaque individu trouve les ressources lui permettant de progresser réellement, plutôt que dans l’enchaînement de petits succès. La contrainte réveille l’imagination. Certes, l’échec nous renvoie à nos peurs et colères, et peut mettre en difficulté ceux qui se laissent déborder par le sentiment de frustration qu’il fait naître. C’est à eux que nous devons apprendre à transformer leur aversion pour l’erreur en dynamique positive. Rappelons-leur pour cela l’histoire de Ken Mattingly, l’homme qui ne s’envola pas vers la lune.

Mattingly, astronaute américain des plus talentueux de la NASA, était censé prendre part à la mission lunaire Apollo 13 en avril 1970. Est-ce parce qu’il était plus réservé, et semblait montrer un peu moins d’ambition que les autres membres de l’équipage que la NASA lui a imposé deux jours avant le décollage de rester sur terre, avançant un risque de développement de la rougeole (maladie qu’il ne contracta jamais) pendant la mission ? L’histoire ne le dit pas. Mais suite aux extrêmes complications intervenues durant le voyage vers la Lune, mettant en péril la vie des membres de l’équipage, c’est de la terre que Ken Mattingly accomplit un des plus grands exploits de l’histoire de la conquête spatiale en prenant la direction de l’opération de sauvetage et en trouvant la solution scientifique qui permit à ses coéquipiers de rentrer en vie.

Actons que chacun d’entre nous a le droit de se tromper, de ne pas nourrir l’ambition de réussite déraisonnée que la pression sociale persistante nous impose, que cela peut même s’avérer productif, et que le cheminement, aussi sinueux soit-il, est plus enrichissant que l’aboutissement, la performance à tout prix, voire la pure production dénuée de sens.

Un comportement professionnel guidé par la seule poursuite d’une ambition démesurée ne produit que rarement une valeur ajoutée hors du commun. L’une des principales causes d’échec de start-up prometteuses est d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre, d’avoir réussi des levées des fonds vertigineuses et de s’être imposé un rythme de croissance ahurissant avant même d’avoir pensé au sens, aux objectifs poursuivis, à leur raison d’être. Prendre le temps de cheminer, c’est-à-dire de tracer avec discernement la route que l’on souhaite parcourir, c’est également prendre le temps de l’introspection, condition essentielle à l’ouverture, à la curiosité et l’empathie envers les autres, valeurs sans lesquelles aucun travail d’équipe de long terme ni aucune poursuite d’un bien commun ne sont possibles.

Winston Churchill, qui fut incontestablement un grand meneur d’hommes, chef de guerre et homme d’Etat ayant infléchi le cours de l’histoire, affirmait : « Commettre une erreur grave peut vous être plus utile que la décision la mieux pesée ». Allons-même plus loin en affirmant que si vous n’avez pas commis d’erreur, c’est que vous n’avez rien fait.

BOUSSOLE #3 – Génération Kinder

Génération Kinder : quand le clé en main est dépassé

Par Agathe Cagé (@AgatheCage)COMPASS LABEL

L’époque est aux paradoxes. Parmi lesquels ; alors que l’accélération des rythmes de vie paraît inarrêtable, le « prêt-à » – -poster, -manger, -porter, … –, fait de moins en moins recette. Étouffant dans des journées trop courtes, nous tenons quand même à « prendre le temps » d’imprimer nos timbres avec des photos de vacance, d’ajouter nous-mêmes le contenu d’un sachet de graines dans nos yaourts, et même de décorer, dans un espace dédié en boutique, notre jean H&M avec une broderie et de coudre des écussons Totoro sur une marinière Petit Bateau, la marque à rayures ayant fait le choix dans le cadre de cette collaboration avec les studios Ghibli de vendre les deux pièces séparément plutôt qu’un vêtement déjà revisité.

Les clients n’ont pas attendu que toutes les entreprises définissent leurs raisons d’être pour se comporter en véritables parties prenantes. Derrière leur besoin de se montrer actifs, se dit un refus de n’être que de simples récepteurs des biens et des services qui leur sont proposés. C’est d’ailleurs une des limites du néologisme consomm’acteur, trop centré sur une vision dépassée de la consommation figée dans son étymologie latine (consummatio, accomplissement), celle d’un simple achèvement. Car le client n’est pas seulement acteur dans ses choix, prompt à se renseigner sur les provenances et les compositions pour faire preuve de responsabilité. Il tend de plus en plus à vouloir participer de la réalisation du bien ou du service sur lequel se porte son intérêt.

Votre client – qu’il soit citoyen-consommateur, collectivité territoriale ou client business – aime à pouvoir enrichir le choix qui lui est proposé. Qu’il vous l’ait formulé explicitement ou qu’il ne vous ait envoyé que des signes en ce sens, il demande à participer au bien ou au service qu’il achète, à avoir à entériner des options et à en éliminer d’autres, à être inclus au moment de poser le point final. Il a, en un sens, goût à l’inachèvement et à l’imperfection car elles lui permettent de contribuer à la finalisation de ce qu’il s’apprête à acquérir. Il préfère à du « clé en main » un peu trop surplombant la possibilité d’assembler à sa convenance un ensemble de briques.

Cela a d’ailleurs été le génie, il y a plus de cinquante ans maintenant, des concepteurs des Kinder Surprise. La taille trop réduite de la capsule plastique qui contient les jouets ne permet de proposer que des pièces non assemblées ; le moment de l’assemblage réjouit bien plus les enfants que celui de la possession du jouet, bien vite oublié au milieu d’une douzaine d’autres dans le coin d’une chambre.

Les analystes des principales tendances de consommation comme des transformations RH se sont sans doute trop focalisés ces dernières années sur la transformation digitale et la maîtrise des compétences numériques comme grilles de lecture des évolutions et de discrimination entre générations et comme condition indispensable pour satisfaire un besoin de rapidité, de performance, d’immédiateté et de complétude. Car qu’ils fassent partie ou non des digital natives, les clients vingtenaires, trentenaires, quadra et quinqua appartiennent aux « générations Kinder ». Ils veulent pouvoir être des protagonistes de la création du bien ou du service qui s’apprête à entrer en leur possession.

La conséquence ? L’objet ou le service que vous avez conçu et peaufiné pour qu’il soit parfait à vos yeux déçoit le client, par son aspect trop achevé. Apprenons à accepter cet autre paradoxe de l’époque. Vos clients seront d’autant plus satisfaits si la touche finale n’a pas été apposée sur votre produit, car elle sera à leur main. Si vous souhaitez que l’on vous accompagne en ce sens, contactez Compass Label.

BOUSSOLE #2 – Prendre goût à l’imperfection

L’imperfection, clé d’une stratégie d’innovation réussie

Par Agathe Cagé (@AgatheCage) – COMPASS LABEL

L’imperfection est une valeur malmenée et sous-estimée.

Il n’y a de pire bride à la créativité que l’exigence de perfection, que celle-ci soit imposée aux équipes par leurs managers, ou qu’elle soit une contrainte que le collaborateur s’impose à lui-même. Le rapport pathologique à l’erreur développé par les Français dès leurs premiers pas dans le système scolaire les conduit à l’âge adulte à s’enfermer dans une équation stérilisante : mieux vaut ne pas faire que faire imparfaitement afin d’éviter l’erreur, elle-même synonyme d’échec.

Or, à l’inverse, apprendre à s’appuyer sur l’imperfection de ses propres connaissances et compétences dans les moments de créativité est un levier d’innovation qui présente un grand potentiel.

Amener des managers à penser et réfléchir, pendant une matinée ou une journée, d’un point de vue et sur des questions qui ne sont pas les leur, les conduit à se décentrer, à élargir leur champ des possibles, à acquérir de nouveaux réflexes et à accéder à de nouvelles idées. L’exercice n’est pas facile car il doit être conduit dans les règles de l’art. Il exige notamment de savoir créer une bulle de confiance à l’intérieur de laquelle les participants acceptent d’être imparfaits pour être ensuite plus performants. C’est ce savoir-faire qu’a développé Compass Label.

Lorsque nous organisons avec des équipes d’ingénieurs en mal d’inspiration des séances de brainstorming destinées à insuffler un nouveau souffle à leurs projets, nous poursuivons un objectif principal : les convaincre de la pertinence de leurs idées et de leurs paroles sur l’ensemble des dimensions qu’ils s’interdisent habituellement – parce qu’éloignées des problématiques technologiques qui font leur quotidien –, des stratégies politiques des acteurs institutionnels aux pratiques de fédération de communautés, des évolutions du rapport au temps et aux nouveaux usages des espaces publics. Pendant un instant, nous voulons qu’ils oublient les contraintes capacitaires, les exigences techniques, les procédés industriels ou autres analyses de données, et nous leur proposons de réfléchir avec eux sur les sujets qu’ils maîtrisent le moins.

Dès lors qu’un climat de bienveillance est instauré et acquis, les résultats de la démarche sont frappants. Ce sont des idées d’une pertinence fulgurante, abandonnées dans la genèse du projet des mois auparavant sans avoir jamais été ni formulées, ni partagées, qui resurgissent. C’est l’articulation entre l’innovation technologique, sa valeur sociétale, la culture de l’entreprise qui la porte, qui se fait naturellement. C’est le degré d’adhésion au projet et de motivation des équipes qui se réinscrit dans une dynamique positive.

De même, lorsque nous travaillons avec des responsables marketing, des directeurs de création, des chefs de marque pensant maîtriser sur le bout des doigts les dernières techniques de la ruche de créativité ou du design thinking, c’est le même contrepied que nous leur proposons pour leur permettre de faire la différence. Leur métier consiste à sentir l’air du temps ? Nous les mettons face à l’inconfort de ce qu’ils ne connaissent pas, ou mal. Nous les confrontons aux dernières études académiques en date posant des grilles d’analyse scientifiques sur les principales évolutions sociales, économiques, digitales… en cours. Des grilles d’analyse qui parfois confortent leurs stratégies d’anticipation, souvent les bouleversent, et les conduisent toujours à penser différemment pendant quelques heures, et donc mieux ensuite.

Les dirigeants d’entreprise doivent prendre goût à l’imperfection. À penser de façon imparfaite. À laisser leurs collaborateurs avancer, réfléchir, créer de façon imparfaite. Pour retrouver enfin le chemin de la créativité, réinventer avec audace leurs métiers, concevoir de nouvelles offres de services. Pour être en phase, aussi, avec les attentes de clients actifs, de « clients partie prenante » de la conception de bien ou de service, mais ce sera l’objet de notre prochaine Boussole.

Vous avez envie d’aller plus loin ? Contactez Compass Label.

BOUSSOLE #1 – Réapprendre à se concentrer

3 bonnes raisons (prouvées scientifiquement) de réapprendre à se concentrer

Par Agathe Cagé (@AgatheCage) – COMPASS LABEL

Vous avez en permanence vos boîtes mail ouvertes ? L’œil rivé sur Twitter, Facebook, Instagram, Telegram, WhatsApp et les dernières notifications de trois titres de médias ? L’index prêt à relancer une mise à jour de n’importe quel flux d’actualités ? Vous vous savez incapable de suivre une réunion sans garder un œil sur un écran ou de passer un appel sans tapoter conjointement ? Bref, vous vous sentez comme machinalement conduit à porter votre attention sur de multiples choses à la fois ?

C’est mauvais pour votre santé. C’est préjudiciable à votre productivité. Et cela ne vous rendra pas plus créatif. Dédiez trois minutes à focaliser toute votre attention sur cet article. Vous en sortirez convaincu de la nécessité de réapprendre à vous concentrer.

Tout d’abord, en retrouvant une capacité de concentration, vous diminuerez votre niveau de stress. Une étude publiée par l’American Psychological Association en 2017 et récemment citée par Anna Goldfarb dans une chronique pour le New York Times, montre que la connexion permanente aux outils numériques, pour être instantanément joignable ou informé de l’actualité des réseaux, est associée à de hauts niveaux de stress. Vous pensez être stressé par le flux tendu des sollicitations qui s’abattent sur vous ? Vous l’êtes d’abord par votre incapacité à vous préserver des moments à distance de ce flux. Apprenez à vous déconnecter pendant quinze, trente ou soixante minutes, à couper les notifications, à attendre quelques heures avant de remonter un fil, bref apprenez à vous concentrer à nouveau sur une tâche, et vous sentirez rapidement la pression commencer à retomber.

Deuxièmement, vos performances sont diminuées lorsque vous vous consacrez à plus d’une tâche en même temps. La raison en est simple : lorsque vous abandonnez une tâche pour une autre (même si elle est aussi rapide que lire une notification), vous devez ensuite vous re-concentrer sur la tâche laissée en jachère. Vous perdez à chaque fois ce que le professeur Sophie Leroy a appelé des « résidus de concentration » (attention residue). L’accumulation de ces micro-pertes a des conséquences majeures : des études ont estimé que sauter en permanence d’une tâche à une autre pouvait vous coûter jusqu’à 40% de productivité. Regagnez 40% de productivité, c’est comme faire une semaine de travail de cinq jours en seulement trois ! L’important ne sera dès lors plus tant pour vous, comme le souligne le psychologue Adam Grant, de savoir gérer votre temps, mais d’être à même de gérer votre capacité de concentration.

Enfin et à l’encontre de bien des a priori sur le sujet, plus vous serez capable de vous concentrer, plus vous serez créatif. Vous rêvez d’être enfin inventif, de ne plus apparaître comme celui à qui les idées font toujours défaut lors des redoutés moments de réflexion collective et autre séminaire de motivation par l’innovation ? Ce n’est pas en scrollant frénétiquement tout ce qui vous passe sous la main que vous y parviendrez. Anna Goldfarb note en effet, dans la même chronique au NYT, que ce n’est pas le cerveau s’éparpillant mais le cerveau au repos qui est un terreau fertile à la créativité. D’autant que vous avez peu de chance d’avoir une idée disruptive en vous replongeant dans des échanges qui ne vous passionnent pas après avoir regardé une vidéo virale qui rendra d’autant plus fade à vos yeux le sujet de conversation auquel vous avez échappé pendant quelques instants. Ce phénomène est directement lié aux effets de contraste étudiés par la psychologie sociale.

Vous avez réussi à ne pas zapper pendant les trois dernières minutes ? Réessayer l’exercice aujourd’hui, pendant au moins dix minutes. Et si vous avez envie d’aller plus loin, contactez Compass Label.